Les accords d’Evian, célébration de la défection et de la décolonisation

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Les accords d’Evian, célébration de la défection et de la décolonisation. Ils ont été signés le 18 mars 1962, à Evian, à l’Hôtel du Parc, devenu une résidence privée. L’idée était de mettre un terme aux affrontements en Algérie. En fait, ils amorcent un processus qui aboutit péniblement dans la même année à la fin de cette guerre d’indépendance. La décolonisation, comme la colonisation, est brutale, voire criminelle, le gouvernement français abandonne jusqu’aux soldats qui avaient servi sous le drapeau tricolore. Ce manque de discernement ouvre la brèche à une situation dans laquelle quelques descendants à la culture mal digérée, sont encore embourbés.

D’évidence, le 19 mars est la date de la défection française, plus que de l’avènement de la paix. Pendant plusieurs mois, les vendettas, meurtres, expulsions, départs précipités et massacres de harkis se multiplient. L’implantation de l’Etat français s’arrête là, après cent-trente-deux ans. Il en reste encore aujourd’hui, des rancunes et des rancoeurs, de l’amertume et des aspirations à la vengeance, comme on a pu le voir avec ces maires d’extrême droite qui ravivent à leur manière la mémoire de ces moments douloureux.

La ville d’Evian porte les traces de l’incompétence politique qui a présidé dans cette affaire, une violente meurtrissure. Un an plus tôt, une bande criminelle d’extrême droite, l’OAS, commandite l’assassinat du maire d’Evian, Camille Blanc, parce qu’il avait accepté de recevoir les négociateurs du 7 au 17 mars 1962. L’OAS revendique de pouvoir frapper où elle veut, quand elle veut, qui elle veut et l’assassinat est exécuté dès le lendemain de l’annonce officielle des pourparlers, secrètement commencé à Melun, en juin 1960.

Dans la nuit du 31 mars 1961, la voiture de l’édile est plastiquée. Un appel téléphonique boucle le stratagème en attirant Camille Blanc à le fenêtre. Quand il arrive, une deuxième charge explose. Son épouse est blessée et lui meurt des suites de ses blessures.

Celui qui dirige la délégation algérienne est Krim Belkacem, un ancien caporal-chef de l’armée française devenu colonel de l’Armée de libération nationale. Il signe les accords d’Evian au nom du GPRA, Gouvernement provisoire de la République algérienne, réfugié au Caire, en Egypte, présidé par Ferhat Abbas, qui deviendra en 1962, président de l’Assemblée constituante. Après l’indépendance, Krim Belkacem doit partir en exil. Il est assassiné en 1970, à 48 ans.

Très concrètement, les « accords d’Evian » ont mis un terme à sept années et cinq mois d’une guerre que le gouvernement français ne nommait pas. Pendant cette période, l’armée française a puisé dans sa jeunesse environ 400 000 hommes. Le nombre d’Algériens tués varie selon les sources. Le décompte français fait état de 400 000, mais pour l’Etat Algérien, il s’élève à plus d’un million et demi. La France, décompte 28 500 militaires français morts, environ 90 000 harkis, 6 000 civils « européens ».

http://www.ina.fr/video/AFE85009435

http://www.cvce.eu/obj/les_accords_d_evian_devant_les_assemblees_francaises_paris_20_mars_1962-fr-38e7fa05-70f3-418b-acb4-1120a9d577a7.html

A propos de l'auteur

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