Petit Charlemagne – Pierre II de Savoie, le chanoine devenu comte

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Pierre II de Savoie

Pierre de Savoie protecteur de Berne. Tiré des chroniques de Diebold Schilling, 1485, postérieure de plus de 200 ans aux événements.

L’occident a subi lontemps l’onde de choc de la chute de l’empire romain. La « pax romana » s’est heurtée aux multiples déferlements de ceux qui découvraient l’étendue de la planète. Le pouvoir sur les uns passait aux autres et les vies ne valaient que la vague idée que celui qui tenait le glaive pouvait se faire. Les chefs de bande devenaient des seigneurs et la vie sociale s’organisait autour d’un pouvoir qui hoquetait. La société se structurait sur fond d’entente entre certains et de soumission du plus grand nombre.

C’est dans ce contexte d’affrontements, de guerres, de complicité, d’alliances, de traitrises et d’ambitions sociales que Pierre II de Savoie a vécu de 1203 à 1268. Il est né au château de Suse, dans le Piémont, et mort dans le Château de Pierre-Châtel, le 15 mai 1268. Il est le septième fils de Thomas 1er et de Marguerite de Genève, comtesse de Flandres. Cadet d’Amédée IV de Savoie et de Thomas II de Piémont, il a épousé Agnès de Faucigny (1234). Il est devenu seigneur du Chablais en 1255. Il a été le 12e à porter le titre de comte de Savoie, d’Aoste et de Maurienne (11 juin 1263-15 mai 1268), après son neveu Boniface de Savoie qui avait succédé à son père Amédée IV de Savoie.

Pierre, en tant que 7ème enfant d’une descendance, n’avait d’autre destin que celui d’être dans les ordres ecclésiastiques. Mais au bénéfice des morts et décès de ses frères et mêmes de ses neveux, de chanoine (jusqu’en 1233), il devient comte de Savoie (1263).

Pierre se joint à son neveu, Henri III Plantagenet (Angleterre), pour guerroyer jusque sur les terres de Guyenne, et même en Ecosse et au Pays de Galles (de 1241 à 1255). Il sera fait comte de Richmond en 1240.

Pendant ce temps, Evian est le théâtre d’un traité qui a marqué au delà de son temps l’histoire de la Savoie. Le 29 mai 1244, le comte Amédée IV de Savoie, aîné de Pierre, et l’évêque Jean de Cossonay s’entendent pour cesser leurs convoitises permanentes qui se traduisent par des guerres locales. Aymon II de Faucigny, beau père de Pierre II, a été un acteur important de la réussite de cet accord. L’objet de ce traité permet de consolider le comté de Savoie. En retour, Jean de Cossonay est reconnu évêque de Lausanne. Les conditions ont été les suivantes: Jean de Cossonay, devenant évêque, cède notamment à Pierre de Savoie tous les droits temporels de l’Eglise de Lausanne. De plus, les nombreux seigneurs des environs font allégeance à Pierre, parmi lesquels les seigneurs de Gruyère, de St-Martin, de Fruence et plus tard de Rue. Tous cèdent leurs biens, châteaux et terres, habitants et bétails à Pierre de Savoie et peuvent tout reprendre à titre de fiefs.

La ville d’Evian bénéficiera du système des franchises municipales développé par Pierre : Payerne (1240), Saint-Julien-de-Maurienne (1264), Évian (1265), Thonon (1266), et Moudon (1267).

Il s’est fait une réputation de bâtisseur et de gestionnaire. De son expérience guerrière, il tire des enseignements et il fait modifier les défenses de l’ensemble de ses châteaux. Il fait progresser l’administration du système judiciaire et la comptabilité de ses domaines. Mais c’est surtout par le jeu des alliances matrimoniales que la maison de Savoie, fief d’un clan d’héritiers, affirme une identité territoriale. Initié à la guerre, avec le temps Pierre II s’affirme plus par sa diplomatie.

Son frère Philippe I (1207-1285) lui succède.

Voir la période du VI au XV° siècle et l’article consacré à Pierre II sur Wikipedia

Petit Charlemagne – Pierre II de Savoie, le chanoine devenu comte

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