Blason et logos d’Evian

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Effet de modernité qui fait passer d’une conception religieuse à une conception commerciale des choses, blason et devise ont été remplacés par logos et slogans. L’armoirie d’Evian présente une scène est composée de deux poissons, peut-être une truite tenant dans sa bouche une ablette ou un remora. La fable peut commencer. Le blason est une allégorie piscicole. Qu’en est-il du message voulu ? Il ne reste que des interprétations.

Quel lien entre le blason et la devise du rémora ?

Le blason XVI° : adoption de la devise UTINAM REMORA ! (Puissé-je être le rémora !). Est-ce elle qui est illustrée sur le blason d’Evian ? Rien ne permet de l’affirmer. Le rémora est ce poisson parasite qui s’accroche à d’autres plus gros. Des marins affirmaient qu’en nombre il s’attachait à la quille d’un vaisseau et pouvait en gêner et en retarder la course (Encyclopédie méthodique, dictionnaire de toutes les espèces de pêche – p.242). Cette puissance avait de quoi faire fantasmer les habitants d’une petite ville connaissant de nombreux passages. Mais pourquoi mettre un petit poisson en travers de la bouche d’un plus gros. Voracité potentiel ? Protection ? Annonce de blocage ? Le petit poisson serait la ville d’Evian qui resterait en travers de la bouche du plus gros, soit qu’il ne passerait pas autrement soit qu’il ne donnerait pas envie de l’avaler parce qu’il serait plus utile à autre chose qu’à être mangé…

Une interprétation du blason piscicole

il n’est pas impossible que ce soit le gros, lequel se montre satisfait d’une petite proie, celle qu’on veut bien lui laisser ? Dans un cas comme dans l’autre, Evian ne s’affirmerait pas autrement que comme une ville commensale. Ainsi, l’ancienne devise d’Evian : Deo et duci fidelis perpetuo (en français : « À Dieu et au duc fidélité perpétuelle ») Une lecture a été donné de l’allégorie d’Evian par un dicton diffusé par des médias (Le messager 22 juillet 2010) sans qu’on en connaisse l’époque (probablement fin XX° début XXI° siècle) : « Sur terre comme dans les eaux, les petits sont mangés par les gros ; mais à Evian, les petits se mettent en travers. »

Une autre lecture de la représentation symbolique

Il est aussi possible de considérer les choses d’une toute autre manière : et si le gros poisson s’était mis au service du plus petit, de sorte que le système implicitement préconisé était celui que le plus gros doit se mettre au service du plus petit, que le plus fort se mettre à celui du plus faible ; n’est-ce pas d’un esprit de solidarité dont Evian témoignerait ?

Et si jamais ce n’était pas le cas, le sens de l’Histoire est celui que les contemporains lui donne, pas nécessairement celui qui a été voulu par ceux qui l’ont faite. Comme aucun texte n’est parvenu jusqu’à nous, nous pouvons retenir ce qui nous parait le plus probable ou adopter ce qui nous est le plus agréable.

Cette marque de solidarité peut bien aller à Evian qui, au cours des siècles, a souvent su témoigner d’accueil et de solidarité. Les réfugiés de la révolution française ont pu apprécier cette qualité, de même plus tard ceux de la première guerre mondiale.

Le nouveau logo de la ville d’Evian et son slogan

Les années marketing ont frappé la ville d’Evian. La municipalité d’Evian-les-bains a retenu pour logo la création d’un artiste nîmois qu’elle a reçu en cadeau après une exposition du 5 au 12 juin 2001. Le thème et le graphisme fait penser à l’oeuvre de Matisse, le nu bleu et reste dans le style de son autre oeuvre Pasiphea.

L’un des blog de l’artiste présente le souvenir de la remise de l’oeuvre :

EXPOSITION EVIAN- LES- BAINS : PALAIS DES CONGRES La Mairie de la Ville d’Evian- les -bains a invité durant 10 jours, 4 artistes gardois et une artiste coréenne à l’exposition « LES COULEURS DU SUD ».Du 5 au 12 juin 2001, la peinture méditerranéenne était présentée à un public lémanique…Dodet se distingua avec sa peinture « FEMMES » très personnalisée, presque violente. Une peinture couleur du Sud!Il remit en cadeau au maire de la ville d’Evian,une toile, »LA FEMME D’EAU ». Ce présent symbolisait la pérennité de l’opération « PEINTURE DU SUD » L’équipe du maire a été très sensible à la toile de DODET, une femme bleu image de l’eau et de la pureté… La FEMME et l’eau, quel plus beau symbole pour une ville.

La production de l’artiste reste une oeuvre et quand bien même il peut s’agir d’une inspiration, l’originalité relève de l’appréciation artistique. Son usage en tant que logo peut laisser dubitatif. La proximité des oeuvres s’impose. La démarche publicitaire estampille le logo de la ville d’Evian pour la représenter comme un produit cosmétique, sans parvenir à promouvoir le thermalisme.

Le charme du Nu bleu et de Pasiphae de Matisse a disparu. Il faut faire un effort pour y voir une parenté avec les quatre muses qui assurent l’accueil dans le grand hall des anciens thermes devenus le Palais Lumière. La naïade d’Evian-les-bains semble reposer sur une imitation et sa superficialité omniprésente dans la ville suscite plus d’incompréhension que de séduction.

L’original de l’oeuvre de Daniel Dodet est à la médiathèque. Le slogan « La beauté naturelle » est la nouvelle devise d’Evian.

Le logo du Pays d’Evian

La communauté de commune du Pays d’Evian a été créée en janvier 2005. Ses administrateurs ont choisi un logo qui pourrait sembler s’inspirer de la chevelure que n’avait pas le Nu bleu de Matisse. Mais en réalité la source d’inspiration pourrait bien être « la Grande vague » de l’artiste Japonais Hokusai. Le mont Fuji est devenu le casino qu’un vague berceau enserre comme dans l’écrin d’une couette.

La finesse de l’auteur des mangas est dissipée. Perdue. Un casino à la bouche d’ogre, yeux carrés, tête casquée, semble vouloir avaler cette vague bleue sortie d’une chevelure improbable. Le vert flamboyant qui semble danser au dessus du casino est celui d’une nature dont les feuillages soutiennent une pente abrupte dont deux silhouettes ont entrepris l’ascension.

Des mouettes peut-être, mieux que des corbeaux, sont symbolisées dans les hauteurs. La calligraphie pour écrire Pays d’Evian pourrait faire penser à des sarments animés, tandis que la vigne n’est plus guère encouragée dans cette partie de Chablais.

Lire aussi Origine du nom d’Evian. Logo de Cité d’Evian

Logo du magasine en ligne Cité d’Evian

Le projet s’est construit à partir d’une recherche sur la ville d’Evian-les-bains. Dans un premier temps, l’adresse unique devait être www.evianlesbains.org, Le logo était simplement l’ancien blason de la ville. Ensuite avec la curiosité, le projet s’est étendu et le nom de domaine retenu a été combiné avec www.paysdevian.fr. Toutefois, l’état de la jurisprudence a fait observer que pour un site pérenne et indépendant, il convenait d’avoir un nom spécifique. Une animation créative et le nom de cité d’Evian avec www.citedevian.fr s’est imposé.

C’est sur cette toile de fond que les logos se sont succédés. Le graphisme avec le drapeau de Savoie avait pour but de situer immédiatement Evian, et le bandeau de couleurs devait évoquer les saisons. Ce n’était pas encore l’identité recherchée. La localisation géographique s’est faite autour du Léman, dans lequel les deux poissons historiques du blason de Savoie affirment le sens choisi à la fois d’une richesse locale et d’une métaphore de la solidarité : le plus fort se mettant au service du plus faible, garantissant la réussite d’une cité.

La réalisation du logo de Cité D’Evian est une proposition de Jean-Louis Lascoux, réalisée par Jérémy Baudon qui a bien voulu apporter sa patte pour faire aboutir l’idée. La présence du bleu et du vert témoigne d’une nature préservée et d’une volonté de conduire un projet qui ne détourne pas Evian de l’intérêt des habitants et de l’écologie dont ils bénéficient.

La croix de Savoie orne le haut du logo, marquant le lien historique et le bas du logo est une déclinaison de couleurs représentant les saisons, partant des teintes d’automne, blanc pour l’hiver, puis les mélanges printaniers et l’été lorsque tout va bien.

Blason et logos d’Evian

A propos de l'auteur

Cité d'Evian est un projet rédactionnel de médiation citoyenne. Il est conçu dans une démarche contributive de développement des initiatives et des projets, visant à concilier objectifs économiques et mieux vivre ensemble.

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