Buvette Cachat à Evian-les-bains – Monument historique

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L’architecte Jean-Albert Hébrard est l’auteur des plans de la buvette Cachat. Il les a réalisés en 1903. Puis il a conçu  ceux de l’hôtel Royal (1906) et du casino (1911). Cette buvette a été désaffectée en 1956-57 et remplacée par la buvette Prouvé-Novarina (inauguration 1958), située à côté des nouveaux thermes.

La buvette Cachat est sur l’emplacement d’un précédent édifice dédié à la source Cachat, l’établissement de François Fauconnet (1826). Cet établissement semble avoir repris précisément l’endroit de l’ancienne église Sainte-Catherine détruite lors de la révolution française, pour marquer la fin de la prédominance ecclésiastique sur l’ensemble de la vie sociale. Néanmoins, la toute nouvelle république a trouvé un édile avec le baron Philippe de Blonay, devenu le premier maire de la commune d’Evian.

Très ouverte à la lumière, la buvette Cachat doit son nom au propriétaire de la source en 1789, Gabriel Cachat, commerçant des produits taxé à Evian, lorsqu’un certain Jean Charles de Laizer, dit le comte de Brion, aurait déclaré être guéri de sa gravelle grâce à l’eau qui en coulait.

Cette buvette est considérée comme caractéristique de l’art nouveau, en raison de l’utilisation des matériaux à l’époque nouvellement produits de manière industrielle. La construction mêle bois, fer, béton et verre. Elle présente aussi des rondeurs et une inspiration de la nature : motifs floraux, peintures…

Elle est faite de deux niveaux, le premier est accessible de la rue nationale et le second de l’avenue des sources.

Côté rue nationale, la grille est en fer forgée. Cette entrée remarquable plonge sur le Léman. Le lieu était celui des services administratifs de la buvette et ont été ceux de la compagnie de chemin de fer PLM qui desservait la station des bains (dès 1882) et de la compagnie générale de navigation CGN, ainsi qu’un service télégraphique. Aujourd’hui, quoique la ville en soit propriétaire, la société Danone l’utilise à titre gratuit pour l’exposition et la commercialisation de l’eau d’Evian.

Un escalier permettait d’accéder directement d’un côté à l’autre. Il était large et dans le style art nouveau.

Côté avenue des sources, la buvette donne sur un parvis. Le bâtiment a été cloisonné pour servir de siège social à la SAEME et depuis les cloisons ont été retirées, la buvette a été répertoriée dans le patrimoine national en 2003.

La charpente de la buvette est en bois, avec des courbes et des volutes qui témoignent de la finesse du savoir-faire des compagnons de l’époque. Une grande peinture murale d’Albert Besnard « Nymphes à la source dans un paysage d’Arcadie », orne la paroie ouest. Plantée sous une lumière jaillissante, la sculpture de Charles Beylard est dressée un peu lascive, portée dans un grand calice floral par quatre bambins nus, deux de dos et deux de face. Quatre tête de griffons mythologiques ont leur gueule percée par où ils offraient aux causeurs venus à la buvette de quoi de désaltérer en permanence. L’Apothéose de la source Cachat était sur un socle de 4 vasques pour l’instant déplacée. Le tout est sculpté dans de la pierre blanche de Poitiers.

Une copie sans ses griffons ni ses amours, est à l’extérieur, devant le griffon de la source Cachat.

Le parvis ou terrasse avenue des sources est un emplacement de concerts depuis les premiers moments de la buvette. Il le reste encore un peu. A l’époque, en saison, les concerts commençaient dès 9 heures du matin, avec 7 musiciens.

La buvette Cachat est devenue une propriété de la ville d’Evian en 2008.

A propos de l'auteur

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