Histoire et dates historiques d’Evian, du VI° au XV° siècle

0

Au plus loin que l’on remonte, « Evua », qui signifiait « eau » en celte, aurait pu être attribuée à la cité en devenir. A l’origine du nom de la ville d’Evian, rien n’est pourtant très sûr. Sans que l’on ait plus de précision, les Romains l’auraient appelée « Aquianum ». Mais là encore, c’est une imagination d’auteur. L’hypothèse étymologique la plus séduisante revient à Jean-Yves Mariotte qui lui a trouvé des origines burgondes. Mais il est possible aussi qu’il y ait un lien avec le mot Vivian et que finalement le passage des Saxons ait laissé cette trace devenue une marque de fabrique…

Voir article sur l’origine du mot, étymologie d’Evian

de-la-marche-des-Etudes-historiques-en-savoie-et-en-piémont-1839-par-Léon-Ménabréa

517 : selon M. de Valois, Epaone était sur les bords du lac Léman, en Chablais, là où se trouve aujourd’hui Evian

Histoire et dates historiques d’Evian-les-bains

Début de l’ère chrétienne : les Allobroges (peuple Gaulois) occupent le territoire correspondant aujourd’hui approximativement aux départements de la Savoie, de l’Isère et de la Haute-Savoie.

V° siècle environ : les Burgondes (peuple germanique) ont leur territoire qui s’étend en partie sur le Rhône-Alpes, un peu l’Auvergne et la région PACA.

517 : l’Eglise catholique semble avoir connu ici l’un de ses moments. Lorsque Sigismond accède au trône après s’être converti au catholicisme, les évêques se réunissent en concile à Epaone. La localisation de la ville a fait l’objet de discussion et « selon M. de Valois, Epaone était sur les bords du lac Léman, en Chablais, là où se trouve aujourd’hui Evian ». Le christianisme pour s’implanter crée ses légendes. Il semble que ce soit à cette époque que se propage celle du massacre de la légion thébaine, qui aurait eu lieu sous Dioclétien entre 285 et 306 à Agaune (aujourd’hui Saint-Maurice) en Valais, ce qui fait d’Evian une halte pour ceux qui s’y rendent en pèlerinage ;

563 : Grandes inondations dans le Valais raconté en latin par Marius d’Avenches. Grégoire de Tours raconte le même évènement : chute de la montagne dans la vallée du Rhône, maisons, animaux, habitants emportés et énorme tsunami sur le lac Léman. C’est l’éboulement du Tauredunum, une grande catastrophe. Toujours au 6ème siècle, à l’époque des Burgondes, le Mont Grammont s’écroule sur les marais et ensuite sur le delta dans le Léman. Par ordinateur on a pu reconstituer la vague qui a mis 70 minutes à atteindre Genève et calculer sa hauteur : 13 mètres à Lausanne, 8 à Evian et 8 à Genève. (références) ;

Au Xe siècle Humbert 1er de Savoie, dit « Humbert aux mains blanches ». Il est né entre 970 et 980 et mort à Hermillon entre 1047 et 1048. Il est le fondateur de la dynastie de la Maison de Savoie.

1240 : Pierre II de Savoie (1203-1268) est surnommé par ses contemporains « le petit Charlemagne » en raison de ses ambitions territoriales. Il est frère et successeur d’Amédée IV. Il fait construire un château dont il ne resterait que quelques vestiges incertains. On peut voir trois tours qui en marqueraient la mémoire. La plaque d’information de la ville en fait la présentation. Elle est visible en passant rue nationale, par le passage de la tour, à proximité de l’ancien hospice.

1243 : Aymon de Blonay, fils de Belon de Saint-Paul (famille de Faucigny) et de Guillaume de Blonay (Lugrin), lui-même fils de Gaucher de Blonay,  renonce à ses droits sur les vignes de Talompier (à localiser) en faveur de l’abbaye de Hauterive, à laquelle il démultiplie les dons  ;

1244 : 29 mai 1244 signature du Traité d’Évian entre le comte Amédée IV de Savoie, aîné de Pierre, et l’évêque Jean de Cossonay ;

1246 : Aymon II de Blonay fait édifier un château dans la seigneurie de Saint-Paul (en Chablais) ;

1260 : construction de l’église Notre-Dame de l’Assomption sur la base d’une tour du XIe siècle ;

1285 : Evian bénéficie d’une franchise municipale (concédée par Amédée V ou déjà peut-être par Pierre en 1265 ?) qui favorise son développement économique – cf archive.org ;

Fin du XIII° siècle – 1306 : Evian devient une base importante, voire déjà la principale ville dans le pays Gavot ;

Documents historiques :

1289 : le baron Pierre de Blonay, dont la famille est liée au Faucigny par le mariage  de Belon de Faucigny, prend parti pour la « Grande Dauphine », Béatrice de Faucigny, contre Amédée V. La possession du Faucigny est l’enjeu. Le château de Saint-Paul est assiégé. En 14 jours, Amédée remporte l’affaire et restitue contre allégeance le château à Pierre de Blonay ;

1303 : la population d’Evian augmente, ce qui conduit Amédée V à faire construire un nouveau quartier à l’est des remparts, faubourg de la Touvière, dit Ville Neuve à l’entrée est d’Evian non loin des remparts de la cité ; c’est à cette année que semblerait remonter l’histoire du château de Fonbonne ;

1306 : Amédée V se rend propriétaire du château des de Blonay à Saint-Paul ;

1314 : soixante-neuf habitants d’Évian vont aux Mémises en raison d’un différend sur les bois de Bret, avec le Prieuré de Meillerie dirigé par le prévôt du Mont-Joux, lié à la congrégation du grand saint-Bernard. Les Évianais font une razzia. L’affaire remonte jusqu’à l’arbitrage des comtes de Savoie. De nombreux procès vont se succéder.

1355 : Demoiselle Pernette Grenat, « native et bourgeoise d’Evian » lègue à la ville sa demeure et ses avoirs en faveur des bourgeois pauvres, lépreux et pèlerins. Les anciens hospices ont accueilli plus tard la mairie d’Evian, puis des services telle que la police municipale.

A propos de l'auteur

Cité d'Evian est un projet rédactionnel de médiation citoyenne. Il est conçu dans une démarche contributive de développement des initiatives et des projets, visant à concilier objectifs économiques et mieux vivre ensemble.

Réagir